vendredi 25 octobre 2013

Bent Road par Lori Roy

J'avais commencé à vous faire partager mes lectures, et puis... ne sachant pas trop si cela intéresse je me suis abstenue.

Sauf que là je viens tout juste de finir "Bent Road" de Lori Roy et j'ai été tellement subjuguée et emballée qu'il fallait ABSOLUMENT que je vienne vous en parler pour partager avec vous ce fabuleux roman.

Pendant leur vingt ans de vie commune à Detroit, Celia Scott a regardé son mari, Arthur, se cacher derrière les secrets entourant la mort de sa sœur Eve. Mais en 1967, les émeutes raciales l’effraient encore plus que son passé et il décide de retourner vivre dans la ferme familiale où il a grandi, sur Bent Road, près d’une toute petite ville au fin fond du Kansas. Alors que les Scott viennent de s’installer, une jeune fille disparait. 
Sur Bent Road, on aperçoit tout le temps un pick-up rouge déglingué qui sillonne la prairie, inquiétant. Il y a une petite fille solitaire qui met les robes de sa tante défunte, un garçon qui apprend à tirer avec l’arme de son père pour lui prouver qu’il est un homme, et une femme qui se rend compte qu’elle ne reconnait plus son mari et qu’elle ne sait plus comment protéger ses enfants. 
Bent Road, c’est un lieu où l’on apprend ceci : parfois, le meurtre est le plus doux des remèdes. 

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Bourgeois

Lori Roy est née et a grandi au Kansas. Elle vit avec sa famille en Floride. Bent Road est son premier roman.


Catalogué roman policier, Bent Road est beaucoup plus que cette appellation. Il s'agit d'une chronique rurale et l'on peut suivre à travers quelques personnages, la vie presque quotidienne d'une communauté mais surtout le retour au pays d'Arthur et de sa femme, les démêlés avec Ray, le beau-frère, ainsi que la découverte pour Elaine, Daniel et Evie de la vie à la campagne. Nés dans une ville mais en butte aux événements raciaux, ils s'immergent dans un environnement auquel ils n'ont pas été habitués. Mais le racisme est aussi présent sous une forme latente dans le Kansas et cela influe sur le comportement des habitants.
Par souci des convenances, il vaut mieux que certaines choses soient murmurées. Le mensonge, la dissimulation, les non-dits règlent la vie quotidienne des habitants qui vivent souvent en circuit fermé, habitués à se côtoyer mais à se retrancher derrière leurs petits secrets. Le prêtre est un élément important de cette communauté, édictant ses lois, la religion passant avant toute chose. C'est ainsi que le père Flannery se retranche derrière le sacrement du mariage afin d'inciter Ruth à retourner vivre avec Ray, sachant malgré tout qu'en guise de cadeau d'accueil Ruth recevra une volée.
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Un roman naturaliste à rapprocher des œuvres de George Sand, Emile Zola, John Steinbeck, Ron Rash et quelques autres qui démontrent que la campagne sous des dehors bucoliques peut parfois s'avérer cruelle. Lori Roy est née et a été élevée au Kansas, et donc décrit ce qu'elle connait, soit pour l'avoir vécu elle-même, soit en se remémorant les discussions familiales. L'ambiance des petites bourgades, l'atmosphère feutrée ponctuée de coups de gueule, les ressentiments, les suspicions, les jalousies, la rudesse physique et morale des petits exploitants agricoles.

Ce roman a reçu le prix du meilleur roman policier (l'Edgar Award 2012) aux USA, et à mon humble avis c'est amplement mérité et justifié. Les lecteurs qui la plupart du temps sont hostiles à ce genre littéraire et qui par inadvertance ouvriront ce roman réviseront leur jugement au bout de quelques pages et ne lâcheront plus le livre avant la dernière page. Maintenant il ne reste plus à Lori Roy qu'à confirmer.

Mon avis : si je vous dis que j'ai parcouru ce livrer en seulement 48h ça vous donne une idée de l'intérêt que j'y ai porté ????
Une intrigue très bien menée avec des situations parfaitement réalistes et bien décrites bref un pur bonheur ce livre qui m'a captivé !

Je vous souhaite une excellent fin de semaine